Les 6 changements du 1er juillet 2026 qui impactent la trésorerie de votre entreprise

Le 1er juillet marque traditionnellement une date charnière pour la réglementation belge, et le millésime 2026 ne fait pas exception. En l'espace d'une seule journée, six mesures sont entrées en vigueur ou ont changé de barème : une hausse de taxe sur les assurances, une réduction ONSS revue à la baisse pour les premiers engagements, une ouverture massive des flexi-jobs, deux allongements de congés pour les indépendants, et un nouveau forfait douanier sur les colis extra-UE.

Le 1er juillet marque traditionnellement une date charnière pour la réglementation belge, et le millésime 2026 ne fait pas exception. En l’espace d’une seule journée, six mesures sont entrées en vigueur ou ont changé de barème : une hausse de taxe sur les assurances, une réduction ONSS revue à la baisse pour les premiers engagements, une ouverture massive des flexi-jobs, deux allongements de congés pour les indépendants, et un nouveau forfait douanier sur les colis extra-UE. Prises isolément, chacune de ces mesures semble technique. Mises bout à bout, elles redessinent en partie le budget et l’organisation RH de nombreuses PME et indépendants belges. Voici ce qu’il faut retenir, mesure par mesure, et comment vous y préparer.

Assurances : la taxe sur les primes non-vie grimpe à 9,6%

Depuis le 1er juillet 2026, le taux de la taxe sur les opérations d’assurance (souvent appelée « taxe sur les primes » ou IPT) passe de 9,25 % à 9,60 % pour les contrats soumis au taux standard du Code des droits et taxes divers — notamment les assurances incendie, auto, responsabilité civile et accidents. Les contrats d’assurance-vie et les contrats de pension complémentaire (2e pilier) ne sont pas concernés.

Le nouveau taux s’applique aux primes exigibles à partir du 1er juillet 2026, y compris pour les versements sur des polices déjà en cours : la première déclaration IPT concernée est celle du mois de juillet 2026, à remettre en août. Une clause anti-abus vise par ailleurs les résiliations-réécritures de contrats dans le seul but de bénéficier de l’ancien taux.

Pour votre entreprise : si vous n’avez pas encore reçu d’avis de votre assureur, vérifiez la date d’échéance de vos polices « non-vie » (véhicules, RC professionnelle, incendie) et anticipez une légère hausse de vos charges d’assurance dans votre budget du second semestre.

Embaucher : la réduction ONSS « premier engagement » revue à la baisse… mais sans limite de durée

La réduction de cotisations patronales ONSS accordée pour l’embauche d’un premier travailleur change de calibrage depuis le 1er juillet 2026. Le plafond trimestriel passe de 3 100 € à 2 000 € par trimestre complet à temps plein pour le premier engagement. En contrepartie, cette réduction n’est désormais plus limitée dans le temps.

  • 1er engagement : réduction plafonnée à 2 000 €/trimestre, sans limite de durée.
  • 2e et 3e engagements : réduction plafonnée à 1 000 €/trimestre, pendant 3 ans (12 trimestres).
  • 4e et 5e engagements : réduction plafonnée à 1 000 €/trimestre pendant 3 ans — ces engagements retrouvent une aide après une période sans soutien spécifique.

 

Pour votre entreprise : si vous envisagez votre premier recrutement, l’aide reste substantielle et désormais pérenne, ce qui peut faciliter une planification à plus long terme. Si vous embauchez un 2e à 5e collaborateur, revoyez vos simulations salariales : l’avantage mensuel maximal a été revu et mérite d’être recalculé avec votre secrétariat social.

Flexi-jobs : une réserve de main-d’œuvre élargie à (presque) tous les secteurs

Le système des flexi-jobs s’inverse : depuis le 1er juillet 2026, les flexi-jobs sont autorisés dans tous les secteurs, sauf ceux qui en demanderaient explicitement l’exclusion par convention collective. Les fonctions artistiques restent exclues, et des limites spécifiques s’appliquent aux secteurs des soins de santé et de la garde d’enfants pour garantir la continuité des services.

Autre assouplissement notable : les pensionnés peuvent désormais prester un flexi-job dès le premier jour de leur pension, sans délai d’attente. Les travailleurs intérimaires peuvent également cumuler une mission d’intérim chez un utilisateur avec un flexi-job chez un autre, et les entreprises liées entre elles peuvent recourir aux flexi-jobs de travailleurs à temps plein du groupe. Les avantages fiscaux et sociaux existants sont maintenus : cotisations sociales réduites pour l’employeur et revenus exonérés d’impôt dans certaines limites (illimitées pour les pensionnés).

Pour votre entreprise : si vous avez des pics d’activité ponctuels (événementiel, HORECA, commerce, saisons hautes), les flexi-jobs deviennent une option plus accessible et plus flexible pour absorber la demande sans alourdir votre masse salariale fixe.

Congé de maternité des indépendantes : de 12 à 15 semaines

Le congé de maternité des travailleuses indépendantes est allongé de 12 à 15 semaines à partir du 1er juillet 2026, avec un arbitrage possible autour des titres-services gratuits accordés dans ce cadre.

Pour votre entreprise : si vous employez ou collaborez avec des indépendantes (sous-traitantes, associées), intégrez cet allongement dans vos plannings de projets et vos accords de continuité de service.

Congé pour aidant proche : de 3 à 6 mois par personne aidée

Le congé pour aidant proche passe de 3 à 6 mois par personne aidée, avec une possibilité de fractionnement accrue. Cette mesure concerne aussi bien les indépendants que les salariés, et vise à mieux concilier activité professionnelle et accompagnement d’un proche en perte d’autonomie ou malade.

Pour votre entreprise : anticipez les demandes d’aménagement ou de suspension d’activité de vos collaborateurs ou de vous-même, et vérifiez auprès de votre caisse d’assurances sociales les modalités concrètes de fractionnement.

E-commerce : un forfait douanier de 3 € par colis extra-UE

Pour les envois de moins de 150 € en provenance de pays hors Union européenne, un forfait douanier de 3 € s’applique désormais par catégorie de produits. Il s’agit d’une mesure transitoire, prévue jusqu’en 2028, en attendant une réforme plus large des règles douanières européennes sur les petits colis.

Pour votre entreprise : si vous importez des marchandises, échantillons ou composants depuis l’extérieur de l’UE, ce forfait doit désormais être intégré dans le calcul du coût réel de vos achats, en plus de la TVA à l’importation.

En résumé : que faire maintenant ?

Aucune de ces six mesures n’est individuellement spectaculaire, mais leur effet cumulé touche à la fois vos charges d’assurance, le coût de vos futurs recrutements, votre flexibilité RH et, pour certains, vos importations et vos congés.

Le bon réflexe consiste à passer en revue, avec votre comptable ou votre secrétariat social, l’impact de chacune de ces mesures sur votre situation propre : renouvellement de vos polices d’assurance, projets de recrutement en cours, recours ponctuel à des flexi-jobbers, ou achats réguliers hors UE.

N’hésitez pas à nous contacter pour faire le point sur votre situation et anticiper ces changements dans votre budget du second semestre 2026.

Sources :

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